• Jofrey La Rosa

WHAT IF…? (critique S1)

Première série animée à être officiellement incluse au Marvel Cinematic Universe, What If…? était très attendue, surtout après les événements (et teasings) relatifs au Multivers. En effet, après la fin ouverte de la série Loki, le côté anecdotique de What If...? ne semblait plus tellement en être un. Critique avec spoilers.

Une série animée au sein d’un univers live, pourquoi pas? On pouvait se poser la question de l'intérêt d’une telle série, qui fonctionne en unitaire en BD, mais au sein même de la quatrième phase officielle d’un univers partagé ? Et puis on a vu Loki, et vu les rumeurs concernant le troisième volet des aventures de Spider-Man, ainsi que le sous-titre du deuxième film Doctor Strange : Multiverse of Madness. Et soudain, What If…? devenait un peu plus intéressante. Parce qu’incluant possiblement des pistes sur la suite des événements importants à venir. Et alors que la série commence, on pensait se tromper, tant le côté anecdotique du “Et si untel était mort ?”, “Et si untel survivait?” était un peu bullshit. Et puis quelques épisodes ont instauré des changements bienvenus et intéressants, avec de réelles conséquences sur les héros de notre univers bienaimé, le nôtre, celui qu’on connaît et auquel on a des attaches. Parce que sinon, l’ennui vient vite pointer le bout de son nez, tant le désintérêt pour ces personnages qui ressemblent plus ou moins aux nôtres est dilué par le manque d’enjeux, puisqu’il n’y a aucune incidence sur le Multivers, nos personnages, notre version du monde Marvel.


Mais Kevin Feige a de la suite dans les idées, et pose ses pions pour ensuite ouvrir les vannes d’une menace ultime pour le Multivers en fin de saison. Jusqu’à maintenant, le show ne présentait comme un Twilight Zone dans l’univers du MCU, prenant et reprenant les setups des films précédents, les rejouant avec un twist, avec un observateur extérieur, omniscient dans le Multivers, interprété vocalement par Jeffrey Wright (Westworld, Casino Royale), qui nous narre tout depuis son piédestal. Il est subtilement nommé The Watcher et ne peut pas intervenir sur le destin des personnages. Le parallèle avec le spectateur n’est pas vraiment subtil… Mais tout cela ne peut durer qu’un temps et la série a installé cette situation, pour mieux la déjouer, à plusieurs reprises, mais surtout dans un épisode 8 qui vient bousculer les codes installés jusqu’alors, pour enfin prendre les versions alternatives de nos personnages présentées jusqu’alors pour une bataille finale un peu OSEF dans l’ultime épisode. On passe 9 fois 30 minutes à se dire “ok ouais et si T’Challa était Star-Lord ? Et alors ?” pour au final faire un team-up lambda qui n’exploite pas ses différences notables entre les univers du Multivers. Dommage.


Visuellement, la série est assez laide. Ajoutez à ça l'intérêt relatif d’une grande partie des épisodes, du fan-service en veux-tu (pas), en voilà (quand même), le bilan s’avère un peu décevant. D’autant plus quand on sait que certain.e.s comédien.ne.s reprennent leur rôle (Chadwick Boseman, Mark Ruffalo, Benedict Cumberbatch...), mais pas d’autres (Scarlett Johansson, Robert Downey Jr, Tom Holland…). Le plaisir de cette première saison est alors dilué et l’ennui est bel et bien présent. Et c’est bizarrement dans les concepts les plus débiles (et si Thor était fils unique?) que la série trouve un ton et une folie qui lui sied davantage. Le septième épisode est une comédie, où Thor fait la fête sur Terre, ce qui pose certains problèmes. Mais du coup, les enjeux sont minimes, et le fun nous empêche de nous ennuyer, précisément ce qui pèche dans les autres épisodes, austères et sérieux, et où les enjeux sont détruits par le principe même de la série. Reste donc certains implants promettant du lourd pour la suite, dans les films et séries live, pas malheureusement pas grand chose de plus...

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