THOR - THE DARK WORLD (critique)

Dernière mise à jour : 15 sept.

Le deuxième volet de Thor est (déjà) le huitième du MCU, qui est d’ores et déjà pleinement codifié. Un film souvent considéré comme le plus faible de toute la saga. Mais mérite-t-il sa réputation ? Réponse de Jofrey La Rosa sur PETTRI.

Après que Kenneth Branagh ait posé en 2011 les bases du personnage et de l’univers issu des légendes nordiques au sein du Marvel Cinematic Universe, Joss Whedon l’a développé dans le film-réunion Avengers un an plus tard. Pour la Phase 2 de son plan machiavélique, le grand manitou de Marvel Studios Kevin Feige prévoit (entre autres) de développer les personnages instaurés en première Phase. Après Tony Stark et son troisième film, Thor a le droit à un deuxième, sous-titré The Dark World. Pour mener à bien le projet, Feige surfe sur la hype Game of Thrones qui souffle en 2013 après les deux premières saisons de la série fantasy culte, en engageant un de ses réalisateurs principaux : Alan Taylor. Et on voit bien que le projet d’appliquer certains des codes thématiques et visuels de la série HBO viennent parsemer Thor - The Dark World, sans toutefois en saisir l’essence, ni en toucher la grandeur. Taylor est un réalisateur capable, en tout cas à la télévision, puisqu’il a signé de bons épisodes de Boardwalk Empire, The Sopranos, Lost, Mad Men ou Deadwood. Il se plaint néanmoins d’avoir été dépossédé du film en post-production, mais la qualité de ce film est déjà au-dessus de son long-métrage suivant, le désastreux Terminator Genisys. On peut donc se poser les bonnes questions…


En effet, si Thor - The Dark World traîne une réputation de film tout lisse, tout moyen, tout chiant. Et je ne vais pas faire durer le suspense : il le mérite largement. On s’ennuie sec. On a vraiment l’impression de voir le film le plus générique, le plus neutre et impersonnel possible, bien pire qu’un Incredible Hulk par exemple. Le pire, c’est que le film n’est même pas assez raté pour être nul, il est juste… médiocre. Quand la plupart des gens disent que le MCU est plat et sans relief, ce film en est probablement le meilleur exemple. Il est tellement générique que ça en devient fascinant. Pourtant, il y a des idées, c’est fait avec savoir-faire : c’est visuellement correct, il y a des arcs de personnages, une structure – mais le film fait plouf. Il y a même parfois de belles choses, comme les funérailles de Frigga (Rene Russo) ou, dans une moindre mesure, l’histoire d’amour entre Thor (Chris Hemsworth) et Jane (Natalie Portman). Mais sinon, qu’a-t-on à retenir ?


Pas grand chose. Le film commence comme son aîné par un flash-back retraçant les mérites guerriers du passé asgardien, aux effets visuels numériques soignés, comme ils le sont sur l’ensemble du film, même si on sent que Marvel adopte de plus en plus de décors conçus en CGI. Des prestations encore une fois très bonnes de Tom Hiddleston (Loki), ainsi qu’un Anthony Hopkins (Odin) qui donne plus que ce que son rôle ne lui laisse à faire, et le parfait sidekick comique qu’est Kat Dennings (Darcy). Si l’on suit l’adage qu’un film est aussi puissant que son antagoniste, on est pas gâté : le méchant est en effet tout à fait oubliable (Malekith, interprété par Christopher Eccleston) et son second l’est tout autant (Kurse, Adewale Akinnuoye-Agbaje). Reste que Taylor, Feige et Marvel auront essayé de faire un Thor en mode fantasy médiéval très centré sur Asgard, tout en installant encore davantage leur MacGuffin de Pierres d’Infinité, sans pour autant transformer l’essai. En somme, Thor -The Dark World est un film anecdotique, passable, mais qui est nécessaire dans le développement de son personnage-titre, qui va devenir peu à peu un des meilleurs de l’Univers. Mais cela grâce à la vision d’autres cinéastes…