• Jofrey La Rosa

THE INCREDIBLE HULK (critique)

Pour notre pastille #MARDIMARVEL, PETTRI vous propose un vol direct pour un film réalisé par un français avec Edward Norton dans la peau du géant vert : The Incredible Hulk. Une étrangeté dans le Marvel Cinematic Universe, mais qu’il est sûrement bon de revisiter.

Pour la seconde itération dans le MCU, Kevin Feige et Marvel décident de s’associer à Universal, qui détient toujours les droits des films Hulk en solo, pour en faire un nouveau volet, situé cette fois dans l’univers partagé qu’ils sont en train de construire pièce par pièce. Ce film sera nommé The Incredible Hulk et mettra en scène Edward Norton dans le rôle-titre, très impliqué, puisqu’il voudra également réécrire le scénario, avant de faire des pieds et des mains avant la sortie du film pour retirer son crédit de scénariste, jugeant le film raté. C’est pourtant pas vraiment le cas. Réalisé par le français Louis Leterrier, auteur des deux premiers Transporteur pour Luc Besson, puis plus tard de Insaisissables ou de la série Dark Crystal, le film est vraiment de bonne facture. En effet, tout comme Iron Man, mais dans une tonalité plus sérieuse et plus dramatique, The Incredible Hulk est très classique mais très propre, jouant plus que jamais la carte des Jeckyll et Hyde modernes.


Ici encore, rien de dépasse, tout est à sa place, dans un divertissement certes très classique, mais parfaitement maîtrisé, où Leterrier fait la part belle aux séquences d’action efficaces et à une caractérisation qui se prend encore un poil trop au sérieux pour fonctionner au diapason du style MCU (la romance avec Liv Tyler ou l’antagonisme avec William Hurt). On finira là encore dans un combat urbain et nocturne, dominé par le numérique, entre deux bestioles semblables, tout comme Feige et Marvel l’avaient fait quelques mois auparavant avec Iron Man. En effet, l’antagoniste du film, c’est le Super-Soldat Emil Blonsky (Tim Roth), qui se transforme en un cousin de Hulk nommé Abomination. Leur combat est très brouillon mais la dramaturgie fonctionne, bien qu’étant à mille lieues de ce que fera le MCU par la suite. Trop englué dans ce sérieux malvenu, il est à l’image du film, encore entre les Spider-Man de Raimi et un film d’action type Godzilla d’Emmerich. Ça a ses avantages et ses inconvénients.


Ça et là, encore, on pense au pape du film d’action contemporain : Michael Bay. Dans certains choix de cadrages, de rythme ou de photographie. Mais Leterrier va plus loin et appose un style plus passe-partout. Il va tout de même jouer avec la couleur verte, dans les décors, accessoires, costumes, jusqu’à la tonalité donnée à la photographie soignée du film, signée Peter Menzies, chef op rôdé aux films d’action (Die Hard 3, Shooter), qui fait un travail très stylisé. C’est les CGI du film ont plus vieilli que ceux d’Iron Man, probablement parce plus marqués, très comic-book, aux contrastes appuyés et à la définition exacerbée. Mais reste un film très ancré dans le réel, à la marge des deux époques des films de superhéros, ceux très concrets des années 2000 et ceux plus détachés des années 2010. Le film est anecdotique, mais n’en reste pas moins intéressant à plus d’un titre, grâce à un artisanat soigné mais simple, qui en fait un volet efficace du MCU, bien qu’oubliable. Même si le film évite habilement l’écueil de l’origin story en résumant l’accident qui a conduit Banner à devenir le monstre vert dans le générique de début, le film est un peu trop classique. Il le fait d’ailleurs pour éviter la redite avec le film Hulk réalisé par Ang Lee à peine 5 ans plus tôt. Ce reboot repart donc de zéro, mais ne coche pas toutes les bonnes cases tout de suite. Évidemment, Edward Norton sera par la suite recasté au bénéfice de Mark Ruffalo, pour le meilleur puisqu'on assistera dans Avengers à une renaissance de Hulk, dans un meilleur design et une interprétation de Ruffalo précise et ambivalente, plus à même de convenir au MCU dans lequel il doit s’intégrer parfaitement. Suite au prochain épisode, du coup....

0 commentaire