• Jofrey La Rosa

SPENCER (critique)

Film événement de par son sujet mais aussi son casting intrigant, avec Kristen Stewart incarnant Lady Diana, Spencer est disponible dès aujourd’hui sur Prime Video.

On connaît le réalisateur Pablo Larraín pour ses biopics somptueux tels que Jackie ou Neruda, moins pour son travail touchant sur Lisey's Story ou Ema. Avec Spencer, le réalisateur chilien s’attaque à un monument plus qu’apprécié avec le cas Lady Diana. Juste après la série The Crown, qui aborde les années Diana du règne d’Elizabeth II depuis sa quatrième saison, ce film vient conter le ressenti de la princesse de Galles durant un événement très particulier : la fête de Noël de la famille royale au domaine de Sandringham en 1991. Une période compliquée pour Diana, qui doit faire face aux tabloïds depuis qu’ils ont révélé l’adultère du prince Charles. Elle doit en effet accuser le coup de cette trahison, tout en gardant la tête haute pour les apparences. En coulisses, elle désespère, se délite peu à peu, jusqu’à ce rendez-vous familial pourtant très protocolaire, comme l’est tout sa vie, avant qu’elle ne doive prendre une décision inédite à plus d’un titre et qui va changer sa vie, mais aussi celles de bien d’autres…


Comme toujours, la justesse de la caméra de Larraín porte un regard touchant sur ce personnage historique et tragique, dans ce qu’il installe dès le premier carton comme “une fable tirée d’une réelle tragédie”. C’est donc évidemment romancé, mais c’est aussi grandement poétique, notamment grâce à une photographie en pellicule 16mm de Claire Mathon (Portrait d’une jeune fille en feu, L’inconnu du lac), à la fois grandiose et subtile. Mais c’est bel et bien devant cette caméra que les étincelles apparaissent et font de la magie : Kristen Stewart y est simplement immense. Probablement son meilleur rôle, pour une actrice dont la carrière ne cesse d’étonner et subjuguer, qui se place à la distance parfaite de la personne réelle qu’elle incarne, avec la parfaite dose d’émotion(s) et de retenue que le sujet du film impose.

Cette plongée dans ce week-end de fêtes révèle des failles profondes de cette mère dévouée et forte, malgré une fragilité innée qui peine à (re)faire surface par des années de retenue royale de circonstance. Un enfer de conventions et d’apparences plus tard, Diana trouve la force d’exprimer sa volonté et ses pensées, avant de s’affranchir une fois pour toute de tout cela, après avoir retrouvé de la force dans son histoire. Une simple trajectoire de personnage pourtant magnifique, pour un film qui l’est tout autant, notamment grâce à son actrice principale, tout bonnement incroyable. En définitive, Spencer est un film fin et perspicace, qu’il faut éprouver absolument.

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