• Jofrey La Rosa

PETTRIVIEW #11

Pour ce nouveau PETTRIVIEW, Jofrey La Rosa vous propose de faire un tour d'horizon culturel, pour (re)découvrir quatre œuvres qui l'ont marqué dernièrement : deux séries, un album et un film !


Série : The Sex Lives of College Girls

J’ai toujours été client de ce que pouvait proposer Mindy Kaling, de The Office à The Mindy Project. Même si tous ces automatismes ne me convainquent pas entièrement, sa verve et son énergie m’ont toujours accroché. Et bien qu’elle ne soit pas devant la caméra dans The Sex Lives of College Girls, son empreinte est de chaque mot, chaque choix de casting. Quatre jeunes femmes de milieux et d’origines diverses se retrouvent à devoir cohabiter alors qu’elles arrivent sur le campus universitaire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est pile-poil dans l’époque, avec des jeunes femmes libérées et intelligentes, émotives et fortes. Et drôles. Parce que ce Sex & The City actuel de la vingtaine est aussi fun que les autres travaux de Kaling, qui trouve avec ses quatres comédiennes plusieurs facettes de sa propre personnalité : Pauline Chalamet, Amrit Kaur, Reneé Rapp et Alyah Chanelle Scott, toutes excellentes. Une série feel-good, qui met la féminité au centre du débat, avec finesse et humour. Une belle réussite.


Musique : Riyad Sadio, Ashe 22 & Freeze Corleone

Le retour du prodige Freeze Corleone était attendu, après avoir défrayé la chronique et les records en 2020 avec son premier album LMF, et une pelleté de featurings donnés un peu partout en 2021. De son côté, la figure de proue de Lyonzon Ashe 22 a bien explosé lui aussi, en partie grâce à ses collaborations avec Freeze, notamment la série Scellé. Avec Riyad Sadio, les deux hommes unissent leurs forces, prennent les masques et les micros, pour découper de la drill percutante et violente, comme ils sont les seuls à savoir aussi bien le faire. Ils s’adjoignent les services de leurs proches collaborateurs Flem et Amine à la production, ainsi que Congo Bill, pour une mixtape qui fait l’effet d’un match de boxe dans lequel on ne peut pas rendre les coups. Du rap de qualité, témoignant de la capacité de 2-2 et Professeur Chen à fusionner pour faire réfléchir en même temps que de choquer et de bousculer. Dans les tréfonds des ténèbres, Riyad Sadio est parfait en attendant leur futurs projets solos.


Série : Drôle

Créée par la scénariste Fanny Herrero, déjà à la tête de Dix Pour Cent, une des meilleures séries françaises de ses dernières années, Drôle applique un concept proche de celui de Validé, adapté au monde du stand-up. Soit une plongée dans l’univers par le prisme de quatre personnages à divers degrés de reconnaissance du milieu, qui essayent de faire leur trou là où la concurrence est rude. Située dans un Paris cosmopolite, la série est très bien écrite, notamment ses dialogues et ses scènes de stand-up, mais aussi ses parties plus romancées. On croit et on aime ces personnages, qu’on remet constamment au centre de tout, superbement interprétés par les révélations de Younès Boucif (Nezir), Mariama Gueye (Aïssatou), Elsa Guedj (Apolline) et Jean Siuen (Bling). C’est vraiment réalisé avec sincérité et savoir-faire, en plus d’être réellement émouvant. Une sucrerie parfaite à binger, mais plus profonde qu’il n’y paraît. Et oui, c’est drôle.


Film : La Fête à Henriette

Qui l’eut cru ? Un film populaire français de 1952 méta et ambitieux. C’est ce que nous propose Julien Duvivier (Pépé le Moko, La Belle Équipe) avec La Fête à Henriette, qui commence comme un récit de deux scénaristes en mal d’inspiration en train d’écrire leur nouveau film, avant de déraper sur plusieurs genres bien populaires de l’époque : bluette amoureuse, film criminel, chronique sociale. Duvivier se met en scène avec son comparse Louis Seigneur dans la peau des deux scénaristes inadaptés qui ne s’entendent pas sur la direction à prendre sur ce film contant le 14 juillet de Henriette (Dany Robin), jeune et jolie parisienne, dont le cœur balance entre Robert (Michel Roux) et Maurice (Michel Auclair), deux prétendants séduisants mais opposés. Dans un Paris désuet qui n’existe plus, Duvivier cadre avec une surutilisation des dutch angles un scénario d’une réflexivité folle pour l’époque, ainsi qu'une modernité formelle à l’aisance limpide. Une petite pépite rare qu'il faut absolument (re)découvrir !

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