MASCARADE (critique 👍)

DerniĂšre mise Ă  jour : 30 oct.

Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2022, qui vient de se conclure ce week-end, Mascarade, le nouveau film de Nicolas Bedos, sortira dans nos salles en novembre prochain. Un thriller romantique qui exploite parfaitement son décor niçois, avec un casting 5-étoiles.

AprĂšs Monsieur & Madame Adelman et La Belle Époque, Nicolas Bedos retrouve l’acteur de sa parenthĂšse OSS 117 en la personne de Pierre Niney (Boite Noire, Five), mais aussi toute une myriade de comĂ©diens de luxe pour ce thriller qu’il a Ă©galement Ă©crit. On retrouve Isabelle Adjani (La Reine Margot, L’ÉtĂ© Meurtrier) dans le rĂŽle d’une actrice vieillissante, au succĂšs dĂ©clinant, qui n’hĂ©site pas Ă  se payer des toy boys tels que Niney, depuis qu’elle a dĂ©couvert que son riche mari est homo. François Cluzet (Ne le dis Ă  personne, Intouchables) interprĂšte quant Ă  lui un honnĂȘte promoteur de la French Riviera, qui va succomber aux charmes de Marine Vacth (Jeune et Jolie, L’Amant double), troublante jeune femme mystĂ©rieuse. Emmanuelle Devos interprĂšte sa femme, tandis que Charles Berling joue un ami d’Adjani. Laura Morante (La Chambre du fils, Assolo) vient complĂ©ter ce casting chromĂ©, dans un rĂŽle-clĂ©. Mascarade permet Ă  Nicolas Bedos de revenir Ă  un film plus cohĂ©rent, plus digeste aussi. En effet, aprĂšs son aventure OSS 117, il poursuit une Ɠuvre plus personnelle qui, aprĂšs deux belles fresques romantiques, en livre une nouvelle, oĂč l’ñge semble ĂȘtre un sujet de prĂ©dilection.


Dans ce film, le dĂ©cor niçois est prĂ©dominant, signifiant parfaitement les disparitĂ©s de classes qui y rĂšgnent et montrant avec chaleur et beautĂ© les ravages de vies peu clĂ©mentes. S’il le fait avec de gros sabots, Bedos ne s’y attarde pas trop, mais comme prĂ©texte pour ses personnages Ă  faire les malversations au cƓur de son intrigue. Dans un imbroglio digne d’un roman de gare bien ficelĂ©, Bedos tisse un rĂ©cit de chassĂ©-croisĂ© de malfrats et de notables pas si riches, de romances et de sexe, dans un thriller au mystĂšre rĂŽdĂ© et parfois prĂ©visible, mais in fine plutĂŽt malin. GrĂące Ă  la performance de ses deux jeunes comĂ©diens, les sublimes Pierre Niney et Marine Vacth, Ă©lectriques et brĂ»lants, et des vĂ©tĂ©rans Adjani et Cluzet fidĂšles Ă  eux-mĂȘmes, Mascarade tire bien son Ă©pingle du jeu des drames français. La faute Ă  un scĂ©nario qui mĂ©nage ses effets (et en joue), dilate une intrigue pourtant simple et fait la part belle aux personnages.

On sent que Bedos s’amuse beaucoup, Ă  l’écriture comme Ă  la mise en scĂšne. Il filme ses acteur.rice.s avec malice et candeur, mĂȘme si des fois il s'avĂšre sardonique, comme pour Ă  la fois les magnifier et s’en moquer. La camĂ©ra virevolte, dans un grand ballet assez sĂ©duisant et ambitieux, mais sait aussi parfois se calmer, laissant son chef opĂ©rateur habituel Laurent Tangy (BAC Nord) s’occuper de sculpter une jolie lumiĂšre. Mais c’est le montage qui pĂšche surtout, la durĂ©e consĂ©quente de 2h30 a occasionnellement un rythme trop longuet, car un chouĂŻa rĂ©pĂ©titif et maladroit. Mais Mascarade est pourtant un thriller deluxe dans le paysage du cinĂ©ma dramatique français, car jamais dĂ©nuĂ© d’humour, d’intelligence et de gĂ©nĂ©rositĂ© dans ce qu’il propose au spectateur. Un bon film, tantĂŽt beau tantĂŽt cruel, qui aime ses comĂ©diens et le montre, transpire des obsessions formelles et narratives de son auteur en mĂȘme temps qu’il tisse une intrigue entrainante et plutĂŽt inspirĂ©e, mais si quelquefois attendue.