• Jofrey La Rosa

LOKI (critique S1)

Dernière mise à jour : juil. 16

La troisième série MCU de Disney+ est centrée sur un des personnages favoris des fans : Loki. Le frère adoptif de Thor a réussi à s’échapper de la timeline après son attaque de New-York dans Avengers - Endgame. Il aura affaire avec des agents temporels dans ces six épisodes, créés par Michael Waldron (proche de Dan Harmon qui s’occupera aussi de Doctor Strange & The Multiverse of Madness) et réalisés par Kate Herron (Sex Education, Daybreak). La critique AVEC SPOILERS de cette série est évidemment sur PETTRI.

Après les succès tant public que critique de WandaVision et The Falcon & The Winter Soldier, le MCU sur Disney+ continue de balancer bombe après bombe. Et on accueille Loki comme une bénédiction, tant le personnage est apprécié des fans de la saga, maintes fois ramené à la vie, comme dans Endgame, où il perturbe l’espace-temps en s'échappant d’un emprisonnement après les événements de New-York du premier film Avengers. La série commence là où s’arrêtait son récit à lui dans Endgame. Il se réveille loin des grattes-ciels de la Grosse Pomme, avant de vite se faire arrêter par des agents temporels le menant au TVA. Rien à voir avec la Taxe sur la Valeur Ajoutée (et pourtant dieu sait s’il y en a), il faut comprendre Time Variance Authority, soit l’Autorité de Variance Temporelle. Ce haut-lieu de bureaucratie au look très 70’s, dont on explore qu’une infime partie au cours des six épisodes de cette première saison, à une direction artistique ultra soignée, les design des décors étant de véritables petits joyaux à la lumière tamisée et travaillée. Grosse dédicace donc aux équipes déco et image, menées respectivement par Kasra Farahani et Autumn Durald, qui accomplissent ici un travail constant et réussi qui donne à la série toute sa saveur. La faute aussi à la compositrice Natalie Holt, qui crée une musique habitée et marquante, qui fera date dans un MCU parfois morne sur ce point précis, allant jusqu’à créer de réels moments de frissons.


Mais assez de louanges. Cette première saison est parfois assez lente ou mal rythmée, d’où quelques moments d’ennui qui pointent le bout de son nez. Le ton est parfois assez confus, passant du rire pur à l’émotion forcée en un instant, sans que ce soit réellement parfaitement géré. Mais c’est à peu près tout niveau hics. Parce que Loki, à l’instar des autres séries MCU pour l’instant, est une grande réussite qui étonne, détonne et défonce les murs de ce que peuvent faire les adaptations de comic-book. La forme sérielle semble en effet un terrain fertile pour explorer des personnages, des thématiques, des formes, qui diffèrent du reste de la production plus classique. Ainsi, Loki peut rencontrer des variants de lui-même, visiter d’autres temporalités, et même rencontrer le maître de l’espace-temps. Dans l’ultime épisode, Loki et son variant féminin Sylvie s’opposent fondamentalement alors qu’ils font face à celui que Miss Minutes, la mascotte du TVA, appelle “He Who Remains”, interprété avec un aplomb fou par Jonathan Majors, la révélation de Lovecraft Country. Habité par ce personnage qui vient foutre un gros coup de pied dans la fourmilière du MCU, Majors crève l’écran et devrait continuer d’étonner dans la suite de la saga, à plus d’un titre, puisqu’il est déjà annoncé dans Ant-Man & The Wasp : Quantumania sous le nom de Kang the Conqueror. En cela, Loki est un véritable game-changer dans l’horizon de la saga Marvel. Serait-il désormais possible d'envisager toutes les productions antérieures et futures de l'écurie dans le même univers ?


Mais comment parler de Loki sans évoquer Owen Wilson ? Le comédien arrive à tirer son épingle du jeu, à la fois en terrain comique qu’en territoire plus émotionnel, nous servant aussi de guide dans ce monde parfois un peu complexe d’espaces-temps imbriqués. Mais le récit est toujours clair et précis, ne cédant jamais à de la surenchère complexifiante au détriment d’une émotion toujours limpide, puisque les personnages restent vrais à leur direction. Ainsi, la relation entre Loki et Sylvie est l’atout principal de cette première saison, se concluant de la meilleure des manières.

Après Loki, le MCU ne sera plus jamais comme avant. C’est d’abord la première série Marvel de Disney+ qui connaîtra une deuxième saison. C’est aussi une série qui ouvre à beaucoup de possibilités et de retournements pour la suite de cette saga tentaculaire, et qui à en croire les rumeurs va définir pour la phase 4 du Marvel Cinematic Universe, voire la nouvelle saga encore floue (après celle de l’Infinité), entamée avec WandaVision à la télé, Black Widow au cinéma. En effet, Loki ouvre de multitudes de brèches temporelles, avec une omnipotence de variants de/ou de grands méchants totalitaires, ce qui promet une suite riche et prometteuse. Reste six épisodes inégaux certes, mais ayant toujours une utilité et une identité propres, qui font de Loki un indispensable du MCU, plus que généreux.

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