• Jofrey La Rosa

LES ANIMAUX FANTASTIQUES (critique)

Premier film d'une nouvelle saga dans l'Univers d'Harry Potter, Les Animaux Fantastiques installent de nouveaux personnages, dans une époque bien antérieure au combat du jeune trio emblématique contre Voldemort. Ici, la menace se nomme Grindelwald et c'est l'occasion pour PETTRI de poursuivre nos MARDI POTTER !

Cinq ans à peine après la fin de la saga Harry Potter, Warner et J.K. Rowling se lancent dans le développement d’une nouvelle franchise cinéma tirée du Monde des Sorciers créé par l’auteure au succès fou. Ils misent tout sur un prequel prenant comme toile de fond un livre de l’univers, traitant de bébêtes magiques et prenant comme protagoniste son auteur fictif : Norbert Dragonneau. Cette franchise naissante, c’est Les Animaux Fantastiques, avec toujours David Yates aux manettes et écrit par Rowling elle-même ! De quoi se réjouir donc, après un run quasi parfait sur les quatre derniers volets d’Harry Potter. Très vite, Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Alison Sudol et Dan Fogler sont annoncés pour mener ce film sur lequel repose beaucoup d’attente, de la part des Potterheads comme des novices. Colin Farrell, Ezra Miller et Samantha Morton complètent le casting, dans des rôles plutôt antagonistes. Mais qu’est-ce que ça raconte ? Norbert (Redmayne) est un sorcier anglais qui débarque à New-York en 1926 avec une valise pleine d’animaux magiques, dont certains s’enfuient vite, alors qu’il tombe sur un Moldu (Non-Maj comme les appellent les Américains), Jacob (Fogler), aspirant boulanger romantique et idéaliste. Sur leur chemin, ils font face à Tina (Waterston), une Auror destituée, et sa sœur Queenie (Sudol), une legilimens (sorte de télépathe). En parallèle, une force magique sème la panique dans New-York, alors que les Sorciers essayent de contenir la menace d’être révélé aux yeux des Moldus, grâce à une enquête menée par Graves (Farrell). Aussi, une organisation moldue lutte contre ce qu’elle suspecte d’être des Sorciers, avec une femme à sa tête, Mary Lou Bellebosse (Morton), qui éléve des enfants orphelins, dont Croyance (Miller), jeune homme refermé et livide.


Alors que faire de tout ça ? Et bien pas grand chose malheureusement… J.K. Rowling n’est pas scénariste et ça se voit. Très vite, on assiste à une succession de scènes sans queue ni tête et répétitives, qui s'amoncellent sans que réellement les personnages de se détachent de leur simplisme originel. Comme décrit plus haut, on a l’impression de voir trois films vides en un. Il n’y a rien à raconter, pas d’antagonisme réel, pas d’enjeu (le problème sempiternel des prequels). Pire, le film peine à créer de l’émotion, force des films Harry Potter, forcément dû à la-dite absence d’enjeu. Souvent durant le métrage, on se demande ce qu’on regarde, l’ennui frappant ça et là, devant un spectacle pas ouf et pas nul, dans une moyenne terne et sans saveur. Les recherches d’animaux s'enchaînent sans que pour autant on ne prête davantage de temps au développement de la trame liée à Croyance, qui semble pourtant un implant narratif pour l’ensemble de cette série de films (cinq sont prévus). Si bien que le personnage le plus intéressant (en toute relativité), c’est Jacob, seul personnage à avoir un arc narratif (avec peut-être Croyance). Tous les autres, c’est du vide abyssal. L’accent semble être davantage porté sur la mise en scène et en images des fameux animaux du titre, de façon la plus mignonne si possible, histoire de vendre des peluches et d’attirer un public plus enfantin (les fans de la première heure ont désormais l’âge d’être parents après tout), mais avec cependant une créature antagoniste qui peut faire très peur. Bizarre donc.


J’ai déjà évoqué le fait qu’il n’y ait pas d’enjeu ? Parce que même moi ça m’ennuie d’en mettre plus dans ma critique que dans le film. Bref, on a dit quoi ? Des animaux mignons, des personnages clichés et un traitement bizarre entre le film pour enfants et le conte gothique. Yates garde une esthétique sombre pour mettre en scène avec compétence mais sans aucun brio son histoire dans un monde qu’il connaît bien ; trop bien même, tant la délocalisation n’apporte pas réellement de nouveaux éléments à cette saga dérivée. Même le changement d’époque, pour une année 1926 où rien n’augure le krach ou sans même d’introduction ou rappel de la menace qu’est Grindelwald - histoire de mettre en perspective les aventures de Norbert et Cie. Seule réjouissance à se mettre sous la dent, l’abstraction certaine de l’Obscurus de Croyance, monstre sans forme, bruyant et visuellement abouti au milieu d’une photographie de Philippe Rousselot (Big Fish, Sherlock Holmes) sans saveur et blafarde. Dès les premières images, James Newton Howard convoque le thème musical d’Harry Potter, alors même qu’il n’y a aucune mention du personnage… Encore heureux, puisqu’il ne naîtra que 55 ans après les événements du film. Cependant, ce thème reviendra durant le film… dans une scène où Norbert tente de capturer un espèce de gros rhinocéros magique. Ni queue ni tête. Le film, pas le rhino. Bref, Les Animaux Fantastiques, c’est un film complètement OSEF. En plus, quelle idée de remplacer Colin Farrell par Johnny Depp ? Ni queue ni tête, je vous dis.

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