• Pauline Lecocq

DASH & LILY S01 (critique lettre)

Dernière mise à jour : janv. 15

Une sucrerie charmante pour les périodes de fêtes (surtout cette année, on ne va pas se mentir), non exempte de défauts, mais vraiment adorable !

Chère lectrice, cher lecteur,


‘Truth or dare?’ « Action ou vérité ? »


Quand on est introverti·e et réservé·e, il est difficile de sortir de sa zone de confort. Et encore plus lorsqu'on est un tout petit peu misanthrope ou qu’on angoisse à l’idée de voir des gens, voire même quand on a de l’anxiété sociale (alors autant vous dire qu’un « action ou vérité » paraît le jeu le plus stupide et inconfortable du monde). Mais parfois, il y a des occasions qui vous permettent d’aller à l’encontre de ça, et d’être surpris·e.

Dash & Lily raconte exactement ce parcours, en mettant en scène deux adolescents renfermés et solitaires qui démarrent une correspondance via un carnet rouge. Lily est l’instigatrice de cette démarche puisqu’elle écrit sur la couverture « Do you dare ? » (« Vas-tu oser ? ») et laisse le carnet dans les rayons d’une librairie, où Dash le trouve par hasard et décide de répondre. Dans ces pages, ils se lancent des défis pour sortir de chez eux et découvrir New York tout en partageant leur amour pour la littérature, ainsi qu’en se racontant leurs vies, leurs angoisses, et plus si affinités. Mais si l’une est une éternelle optimiste qui adore Noël, Dash est un pessimiste qui déteste cette période de l’année. Le but pour Lily va donc d’essayer de lui faire aimer cette période tandis que Dash va essayer de lui faire vivre des expériences. Chacun va essayer d’influencer l’autre en lui exposant son point de vue et sa façon de voir le monde et la vie. La règle ultime étant de ne pas se rencontrer.

Bien filmée, avec des couleurs chatoyantes, cette série sortie sur Netflix en novembre est l’adaptation (avec quelques changements) du roman écrit à quatre mains par Rachel Cohn et David Levithan, deux auteurs pour jeunes adultes qui écrivent en solo d’habitude mais qui ont collaboré cinq fois ensemble à ce jour. Leur premier roman à deux a en outre été adapté avec réussite au cinéma : il s’agit de la pépite méconnue Une nuit à New York (Nick & Norah's Infinite Playlist, 2008) avec Michael Cera et Kat Dennings. Dash & Lily est dans cette lignée, en plus sucré ! En termes de référence, on pense inévitablement à Love, Simon (le livre et le film) qui mettait en scène une relation épistolaire équivalente entre deux personnages qui ne se connaissent pas et qui tombent amoureux l’un de l’autre par le biais de leur correspondance. Et puis, impossible de ne pas mentionner le merveilleux film Jeux d’enfants (Yann Samuell, 2003), même si Dash et Lily vont moins loin en termes de risques comparés à Marion Cotillard et Guillaume Canet !

Ça fait plaisir d’avoir la représentation d’une éternelle optimiste et d’un pessimiste qui sont tous deux des outsiders, en décalage avec la société, leur entourage, les jeunes de leur âge, et qui se rapprochent à distance via leur amour de la littérature. On saluera d’ailleurs les jolies performances de Midori Francis (au générique du film Good Boys) et Austin Abrams (présent dans la série Euphoria), tous deux parfaits dans leurs rôles. Et on se régalera (ou pas) de l’apparition des Jonas Brothers (Nick Jonas produit après tout) ! Par ailleurs, la série coche beaucoup de cases niveau représentations (asiatique, gay, trans…) et c’est plutôt très chouette et positif !

De plus, cette comédie romantique de Noël se passe à New York, immense ville peuplée d’individus anonymes et seuls, avec tous les clichés touristiques et cinématographiques qu’elle véhicule dans notre imaginaire. Entre les personnages, un lien similaire se tisse puisqu’ils ne savent pas si le rêve éveillé qu’ils vivent correspondra à la réalité, une fois qu’ils se rencontreront (peut-être ?). Tout l’équilibre de la série réside dans cette question : cette relation épistolaire avec ses fantasmes, ses projections et ses illusions peut-elle résister, s’adapter voire se conformer à la réalité ?

Quelques bémols : on aurait aimé un peu plus de développement des personnages des parents de Dash (on ne voit jamais sa mère par exemple), ce n’est pas toujours très fin notamment avec la pression familiale représentée par le grand-père, les hasards et les coïncidences sont peut-être trop évidents ou téléphonés parfois mais ça fonctionne. Alors, même si la série faiblit peut-être un peu sur la fin en termes de prévisibilité, on vous la recommande si vous avez besoin de quelque chose de sucré pour passer les fêtes. En effet, c’est mignon, léger et parfait pour la fin d’année, ça donne envie de tomber amoureux et de célébrer Noël, d’écouter du Joni Mitchell, de visiter plein de lieux moins connus de New York, de prendre des risques, de faire des expériences, de donner une chance aux gens, de réaliser et savourer la présence des êtres chers qui nous entourent, de célébrer l’originalité et la différence… Bref, ça nous permet de sourire et de rêver en cette période compliquée et c’est déjà beaucoup. Même l’esprit cinéphile de Noël est là avec la citation du classique des classiques des films de cette période : le sublime La Vie est belle (It’s a wonderful life, 1946) de Frank Capra !


Alors, « action ou vérité » ? Ni l’un, ni l’autre, mais plutôt les deux à la fois, mélangés avec bienveillance et délice, cette série adorable et sucrée est parfaite pour finir en douceur cette année plus que difficile. Alors laissez-vous tenter par cette jolie romance épistolaire qui vous fera en plus visiter des lieux méconnus de New York (en plus, 8 épisodes de 30 minutes, ça se dévore très vite) !

Et prenez soin de vous et de vos proches,

xxx

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